Matières textile

ZOOM SUR LES MATIÈRES TEXTILES

Loin de nous l’idée de culpabiliser qui que ce soit sur les matières. Et on est carrément OK pour dire que l’on ne peut pas être au top tout le temps, surtout quand il s’agit de mode. Mais on sait quand même que l’industrie textile pollue beaucoup, alors on s’est dit qu’un petit tour d’horizon des différentes fibres textiles ne pouvait pas faire de mal ! Juste histoire d’en savoir un peu plus sur les matières que l’on porte sur le dos 😉

TOUT SAVOIR SUR LES FIBRES TEXTILES

Avant toute chose, il faut savoir que les fibres textiles sont généralement classées en 3 catégories :

les fibres naturelles, obtenues à partir de végétaux et d’animaux

les fibres artificielles, chimiques, mais obtenues à partir de matières naturelles

les fibres synthétiques, chimiques, obtenues à partir de matières de synthèse

Allez hop, c’est parti pour la visite guidée !

1. LES FIBRES NATURELLES

Les fibres naturelles végétales

> Le coton
C’est simple, le coton représente quasiment la moitié de la consommation de textile ! Les plus gros producteurs sont la Chine et l’Inde, avec chacune environ 25% de la production. Mais c’est une plante fragile, dont la culture est la plus polluante de la planète : elle nécessite souvent beaucoup de pesticides et, comme la moitié du coton est irriguée, il faut plusieurs milliers de litres d’eau par kg de coton. En plus, les procédés d’ennoblissement polluent énormément aussi. Bref, ce textile n’est pas « tout blanc »… Mais on l’aime tellement pour son côté doux et absorbant qu’il serait difficile de s’en priver, non ? Alors on opte de préférence pour le coton labellisé bio dont la culture est plus vertueuse.

> Le lin

Le lin est plutôt un bon élève ! Sa culture ne nécessite ni beaucoup d’eau, ni beaucoup d’intrants chimiques. En plus, la France est le premier producteur mondial et la filière Europe est assez structurée. Il est donc fort probable que nos vêtements en lin aient fait assez peu de kilomètres avant d’atterrir dans notre dressing. Et ça tombe bien parce qu’on adooore en porter l’été, rapport à son côté thermorégulant… Et on en trouve de plus en plus dans le linge de maison aussi. Pas belle la vie ?

> Le chanvre

Le chanvre, c’est l’employé du mois tous les mois, le best élève des impacts écologiques ! Excellents rendements avec peu d’entretien, entièrement valorisable et adapté au climat européen… Il est parfait. Ou presque : il doit souvent être mélangé à une autre matière pour remédier à son manque d’élasticité. Mais big up quand même !

Les fibres naturelles animales

> La laine

La laine c’est chaud et c’est antibactérien ! Produites par les moutons (dont les mérinos), les chèvres angora (cachemire), ou les alpagas, elles nous offrent des pulls, des gilets, des vestes dans lesquelles nous lover tout l’hiver ! Elles sont souvent des matériaux très durables, ce qui peut compenser l’impact écologique de l’élevage. Et en plus, certains animaux contribuent à préserver la biodiversité et à entretenir les paysages. Parfait, non ? Pssst : pour la laine de mouton, on peut se fier au label RWS (Responsible Wool Standard) pour s’assurer que la laine provient bien d’un élevage attentif aux différents enjeux environnementaux et de bien-être animal.

2. LES FIBRES ARTIFICIELLES

> La viscose

Aussi appelé rayonne, cette matière issue de pulpe de bois ou de bambou a une texture douce cherchant à imiter la soie. Super, sauf que fabriquer cette fibre est polluant et nécessite beaucoup de produits chimiques (dont le disulfure de carbone) et d’eau. En plus, les travailleurs sont dangereusement exposés aux produits, et les habitants autour des usines aussi.  Eh oui, ce n’est pas parce que c’est à base de bois ou de bambou que c’est responsable 😉

> Le Lyocell

C’est l’alternative green de la viscose ! Issue des mêmes matières premières, elle est obtenue grâce à un solvant non toxique, le NMMO, et avec une consommation en eau très raisonnable car quasiment en boucle fermée. Pour vraiment bien faire, on peut s’assurer que la matière première provient de forêts gérées durablement grâce aux labels FSC ou PEFC. La société Lenzing qui produit beaucoup de Lyocell sous le nom de Tencel développe aussi d’autres alternatives plus responsables à la viscose comme l’EcoVero.

3. LES FIBRES SYNTHÉTIQUES

> Le polyester

Facile à teindre, à entretenir et séchant rapidement, le polyester est partout. Mais c’est quoi concrètement ? On fabrique les fils de polyester à partir de fibres de PET (Polyéthylène Téréphtalate), un plastique pétrosourcé, le même que pour fabriquer certaines bouteilles. C’est d’ailleurs pour ça que l’on peut recycler ces dernières pour les réintégrer dans des vêtements ! Mais ce recyclage a des limites donc même un t-shirt en polyester recyclé (rPET) utilise souvent des ressources fossiles. De plus, recyclé ou non, le lavage en machine du polyester libère des micro plastiques qui polluent l’eau. Oui, c’est bof bof…

> Le polyamide

Vous connaissez peut-être mieux le polyamide sous son autre petit nom : le nylon. Légère et résistante, c’est la matière phare des vêtements de sport et des maillots de bain. Comme le polyester, c’est un textile fabriqué à partir de plastique. Story time : c’est d’ailleurs la même société, DuPont de Nemours pour ne pas la citer, qui a découvert le polyamide 6/6 et le polyester (et même le Téflon, le Kevlar, le Lycra…). Lui aussi se recycle, comme par exemple avec l’Econyl, donc c’est une bonne solution pour profiter des avantages du nylon tout en limitant son empreinte carbone.

> L’élasthanne

Comme son nom l’indique, c’est son élasticité qui l’a popularisé dans l’univers du textile. Maillot de bain, justaucorps, tenue de cyclisme… le monde du sport le connaît bien, et notre garde-robe aussi puisqu’il est souvent présent en petit pourcentage dans nos jeans pour les rendre plus élastiques et donc plus confortables, mais aussi dans nos chaussettes ou nos vêtements de grossesse. Le problème, c’est que le multi-matières rend le recyclage quasiment impossible. Et comme ses confrères synthétiques, son entretien en machine libère des micro-plastiques. Bref, dans la mesure du possible, on l’évite ou on lui préfère sa version recyclée qui utilise moins d’énergie et de matières fossiles.

Bon, voilà, la petite visite guidée est terminée. Et on est maintenant incollables sur les matières qui cohabitent joyeusement dans nos dressings. Est-ce qu’on évitera pour autant le jean qui contient de l’élasthanne ? Non. Est-ce qu’on jettera notre cycliste de sport en polyamide ? Non. Mais peut-être qu’on en prendra bien soin, pour éviter d’en acheter tous les 6 mois 😉

🌱 See you MooM ! 🌱

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